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PLAIDOYER POUR L'ÉLECTRIFICATION DE LA COMMUNE RURALE DE KATSEPY - PARTIE II

PLAIDOYER POUR L'ÉLECTRIFICATION DE  LA COMMUNE RURALE DE KATSEPY - PARTIE II
PLAIDOYER POUR L'ÉLECTRIFICATION DE  LA COMMUNE RURALE DE KATSEPY - PARTIE II
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  1. La pêche.-

La pêche continentale comme la pêche traditionnelle en mer se pratiquent dans la commune.

Beaucoup de ménages s’adonnent à ces activités en raison de la présence de nombreux lacs, cours d’eau et mangroves sur le territoire communal, et de la longueur des côtes de la commune. La pêche représente une activité complémentaire à l’agriculture et à l’élevage pour la majorité de la population de tous les fokontany de la Commune de Katsepy, sauf pour une partie de la population de Sankoany et Ambondrona.

Il a été remarqué ces derniers temps une diminution en nombre des poissons en raison des infractions perpétrées par certains pêcheurs qui exercent hors saison ou qui utilisent des mailles de filet non conformes aux normes.

La commune ne dispose pas de marché de produits de la pêche. A côté de cela, les pêcheurs ne peuvent pas vendre leurs produits directement à Mahajanga sans des cartes de collecteurs, et ce en raison de la législation du secteur. Les produits sont alors vendus à des collecteurs venant de Mahajanga, qui imposent leurs prix.

A Antrema ou à Sankoany par exemple, la plupart des associations de pêcheurs, non officialisées il y a quelques années, sont devenues légales vis-à-vis de la législation de pêche. Ces associations devraient aider les pêcheurs dans la recherche de solution pour la vente des produits à Mahajanga, mais le coût de l’obtention de la carte de collecteur ou de mareyeur semble leur poser problème. L’ensemble des frais et taxes concernant la carte de collecteur s’élève 1 200 000 Ariary, et la carte de mareyeur atteint 160 000 Ariary environ. Les pêcheurs locaux semblent ne pas bien connaître les droits attribués à la carte de mareyeur.

Il n’existe pas de chambre froide dans la commune pour aider les pêcheurs à mieux maîtriser les prix. Les pêcheurs ont aussi soulevé, lors des descentes sur site, les problèmes qu’ils rencontrent concernant le stockage des produits invendus. Ils doivent les jeter en mer lorsqu’ils ne peuvent pas les saler (cas des crabes).

Le mode de séchage et de salage pratiqué par les petits pêcheurs font perdre de la qualité et de la valeur aux produits. En effet, les pêcheurs ne suivent pas de normes particulières pour cette opération.

Le secteur secondaire :

Le secteur de la transformation se situe encore à un niveau embryonnaire dans la Commune de Katsepy. Il n’existe pas d’unité industrielle dans la commune, mais uniquement des décortiqueries servant la riziculture. La commune dispose pourtant de potentiel en matière d’aquaculture.

Le secteur ne peut connaître un vrai développement dans la commune à cause de l’électrification réduite du territoire. Seul le chef lieu bénéficiait d’électricité 4 heures par soirée, avec un coût élevé de 1 685 Ariary par KWh. Mais actuellement, la société a fermé ses portes et Katsepy vit dans le noir.

Les activités du secteur se composent de :

  • décortiquerie,
  • production de charbon,
  • de vannerie.

Le secteur tertiaire :

  1. Le commerce.-

Les activités de commerce croissent en nombre dans la commune, notamment dans Katsepy chef lieu. La plupart des commerces reste cependant informelle.

En nombre, les gargotes et épiceries tiennent les premières places dans cette branche d’activité, la commune compte des dizaines épiceries et gargotes formelles. Ces activités se concentrent principalement dans le chef- lieu de commune mais elles se pratiquent aussi dans tous les fokontany. La liste des contribuables indique aussi la présence des bars qui ne cessent d’accroître et des boucheries sur le territoire communal.

La commune ne dispose pas de marché de produits locaux, ni de marchés de la ménagère officiels dans les fokontany. Le chef-lieu dispose néanmoins de dizaines pavillons commerciaux mais ils servent surtout pour les épiceries et gargotes. Le commerce des produits autres que ceux qui servent les premières nécessités se réalise par l’intermédiaire de marchands ambulants venant de Mahajanga ou de Mitsinjo. Le commerce des produits locaux passe par les collecteurs provenant de Mahajanga, Marovoay.

  1. Le tourisme.-

La Commune de Katsepy abrite beaucoup de sites d’intérêt touristique.

Le fokontany d’Antrema avec sa riche biodiversité constitue le premier de ces sites. C’est l’intérêt de cette biodiversité qui a certainement attiré les scientifiques du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris à vouloir s’associer au projet de préservation et de classement d’Antrema. Le site a d’ailleurs été totalement fermé au public durant plusieurs années pour permettre aux seuls scientifiques autorisés de pouvoir y mener des recherches, notamment concernant les lémuriens. Le site a ré ouvert pour le public en 2013. Depuis, l’Office Régional du Tourisme de Boeny a recensé plusieurs centaines de visiteurs (sur 8 mois d’ouverture).

La forêt Andohanisankoanibe (fokontany Sankoany) et les alentours des grands lacs de Beantsiva (Tsiandahatra et Ambalatany) abritent d’importantes colonies d’oiseaux dont certains sont endémiques de la région, et des lémuriens. D’après les membres de l’équipe technique, Beantsiva possède même des ossements de dinosaures.

La commune dispose aussi de plusieurs grottes qui peuvent faire l’objet de visite. Ces grottes se situent à Antsingy (fokontany Katsepy), Ambovokalanoro et Andavabatobe (fokontany Analatelo), Anjohibe (fokontany Beantsiva).

Il existe, par ailleurs, plusieurs sites cultuels de type « doany » à l’intérieur de la commune : Doany Amboaboaka, Doany Andranomalaza (fokontany Analatelo), Doany Antrema, Doany carrière (Sankoany), Doany joron-tany et Doany Ampangataha (fokontany Katsepy). Ces lieux cultuels peuvent être valorisés dans le cadre de tourisme culturel.

Un festival de promotion de la culture Antalaotsy, dénommé Sobahya, se tient tous les ans à Katsepy chef lieu. L’événement a tenu sa 15ème édition en 2019. Le festival attire des milliers de personnes et peut constituer un attrait pour le tourisme local.

L’ensemble de ces sites peut constituer un circuit touristique dans la commune. L’accès de la plupart des sites pose cependant problème notamment en période de pluie. Les pistes ne sont praticables qu’en saison sèche et avec des véhicules adaptés (« tout terrain »). Les guides qui connaissent bien les sites font aussi, pour le moment, défaut.

Les infrastructures d’accueil et d’hébergement restent pour le moment faibles en capacité. Il n’existe que 3 établissements d’hébergement dans le chef lieu, avec une capacité globale de 50 lits. Par contre, Antrema dispose d’un un gîte d’étape d’une capacité de 10 lits et d’un terrain de camping pour 5 tentes. Ce lieu d’accueil possède des sanitaires et un point d’eau aux normes.

A côté de cela, le manque de promotion handicape aussi le développement du tourisme dans la commune. En effet, les opérations de promotion de la Nouvelle Aire Protégée du Complexe Mahavavy Kinkony, celles des Aires protégées de Soalala (Baie de Baly, Tsingy de Namoroka), et les vestiges d’Antsoheribory ne profitent pas aux sites valorisables de la commune de Katsepy.

 

L’ELECTRIFICATION RURALE COMME LEVIER DU DEVELOPPEMENT DE KATSEPY

Lacs à lénergie, plus particulièrement à lélectrification est une composante essentielle du développement économique et social. Une offre dénergie de qualité permet de transformer substantiellement les conditions de vie de la population par l’amélioration du confort dans la maison, de la sécurité, des conditions éducatives et sanitaires via le perfectionnement des équipements médicaux, l’hygiène alimentaire, etc.

Le développement de la Région Boeny relève d’un ensemble d’actions sur les secteurs de développement. Il doit prioriser les milieux défavorisés. Il est dû sans doute à la mise en place des infrastructures appropriés (routes, écoles, eau, téléphone, dispensaire, électricité…). L’électrification est à ce titre l’un des facteurs déterminant dans le développement du milieu rural.

En effet, dans la Région Boeny, presque la moitié des communes (48%) ont accès à l’électrification. Lapprovisionnement en électricité dans la majorité de ces communes se concentre seulement au niveau des chefs-lieux. La ville de Mahajanga est la seule commune totalement électrifiée. Ainsi, la desserte en électricité est encore assez faible dans cette région. En grande partie, les communes électrifiées se focalisent le long de la RN4 et ses embranchements vers Marovoay, Ambatoboeny, Andranomamy et Manerinerina ainsi que celles côtoyant la RNT 19. Quant aux communes non desservies par l’électrification, elles sont encore importantes et sont situées notamment dans les districts de Marovoay et Soalala.

Dans le District de Mitsinjo, composé de sept communes, quatre seulement (en 2016) et réduit à trois actuellement bénéficient de l’électrification, du moins dans les chefs-lieux.

La Commune rurale de Katsepy disposait avant de l’électrification, fournie par une société privée, Conseil Amélioration Suivi des Installations Electriques (CASIELEC) en partenariat avec l’Agence de Développement de l’Electrification Rurale (ADER). Le système fournissait 4 heures d’électricité par jour (18 à 22 heures). C’est la commune qui a acheté le groupe électrogène mais l’exploitation a été assurée par la société. Plusieurs foyers ont pu bénéficier de cette électrification.

Mais pour un problème technique (pièces défectueuses), de gestion et de convenance entre la société et le Maire de la commune, CASIELEC a plié bagages en abandonnant la population de Katsepy dans le noir absolu.

Ainsi, la population de Katsepy, comme celle des autres communes rurales de la région, est devenue la plus démunie en électricité. Pour couvrir les besoins quotidiens en énergie, la majeure partie de la population dépend du pétrole lampant, des bougies, des batteries, des générateurs diesel et du bois de feu. Le faible taux d’accès à l’électricité constitue donc un obstacle majeur pour le développement de Katsepy.

Au fait, le développement des infrastructures d’électricité y est difficile et très onéreux à cause du type d’habitat dispersé des zones rurales. L’investissement nécessaire y est ainsi considérable, ce qui limite l’électrification rurale. De ce fait, la population continue d’exploiter les sources d’énergies traditionnelles qui sont les bois et ses dérivés en raison de leur disponibilité. Ceux qui ont des moyens se procurent des plaques solaires mais cette exploitation est très limitée. Or, le climat et le relief de cette région offrent des opportunités pour l’exploitation des énergies éolienne et solaire. En effet, le régime de vent offre un potentiel éolien important. De plus, l’irradiation solaire journalière atteigne 5.5 kwh/m² et qui est largement supérieure à celle de Madagascar (4 kwh/m²). Malgré les initiatives photovoltaïques aperçues dans la région, elles restent encore embryonnaires.

Contrairement au milieu urbain, pour lequel l’électrification est perçue comme une nécessité absolue, l’électrification rurale à Madagascar semble être reléguée au second plan. Malgré les efforts  entrepris par les régimes successifs dans ce domaine, l’électrification du milieu rural n’a pas connu la même fortune que celle de la ville. Si on considère que l’électricité est utile en ville, l’interrogation est de savoir si elle l’est moins aux villages ? La réponse à cette interrogation commande d’analyser l’utilité de l’électricité dans le milieu rural du point de vue économique, de l’aménagement du territoire et du développement social.

En outre, l’électricité ne permet pas à elle seule de créer toutes les conditions de la croissance économique, mais elle est évidemment essentielle pour répondre aux besoins essentiels de l’être humain et faciliter le développement des activités économiques. En théorie, l’accès à l’électricité peut améliorer les conditions socio-économiques d’une région en ayant un impact sur les composantes essentielles de la pauvreté, à savoir la santé, l’éducation, le revenu et l’environnement. S’agissant des zones rurales, certains spécialistes affirment que l’absence d’accès à l’énergie, et plus précisément à l’électricité, est l’un des obstacles majeurs au développement économique. D’autres avancent que la pauvreté rurale et le manque d’accès à l’électricité sont fortement corrélés, cette dernière étant une condition préalable aux activités productives.

Le milieu rural dans la Région Boeny souffre d’un faible taux d’électrification qui entrave le développement socio-économique. Cette situation est due principalement à l’effet combiné des facteurs suivants :

  • Les faibles ressources financières génèrent moins de capitaux d’investissement des services publics ; et ne garantissent pas une visibilité financière des sociétés.
  • Le nombre limité d’acteurs et leur faible capacité de planification et d’organisation.
  • La capacité technique insuffisante des acteurs privés.

Or, le milieu rural a toujours joué un rôle primordial dans le développement des activités économiques de la Région Boeny en raison de la place stratégique qu’il occupe dans la sphère de production.

Certes, le secteur agricole constitue un axe important de relance économique régionale. La production agricole est essentiellement assurée par des agriculteurs locaux qui utilisent la plupart du temps la force physique musculaire. L’augmentation de la production agricole et donc de l’accroissement de l’économie locale est fortement dépendante de l’accès aux services électriques par le monde agricole.

L’accès accru à l'énergie, et plus particulièrement aux énergies renouvelables, peut avoir un impact socio-économique positif sur la région dans laquelle il est développé. Parmi ces avantages, il y a :

● la création d'emplois

● la génération de revenus pour les propriétaires terriens

● la réduction de l'exode rural

● les connaissances acquises par les populations locales grâce aux transferts de technologie

● l'attrait touristique

● l'utilisation de ressources locales et la création d'activité

Pour progresser véritablement dans l’élimination de la pauvreté dans les zones rurales, il est donc nécessaire que ces zones parviennent à un développement robuste, inclusif et durable, en particulier si on veut éviter une urbanisation galopante insoutenable dans la ville de Mahajanga. Une réduction durable de la pauvreté passe par des emplois générateurs de revenus décents, Messages clefs : l’exploitation des synergies entre la modernisation de l’agriculture et la diversification au profit d’activités non agricoles est essentielle à la transformation de l’économie rurale dans la Commune rurale de Katsepy.

Un cercle vertueux peut être créé en stimulant l’offre et la demande de façon coordonnée. L’électrification rurale, soutenue par des politiques complémentaires, peut stimuler l’offre et contribuer à accroître la demande. L’accès à des sources d’énergie et des technologies non électriques peut aider à amorcer la transformation rurale avant l’électrification.

Caractéristiques des besoins en énergie électrique à Katsepy

D’une manière générale, les besoins en énergie électrique du monde rurale sont de trois sortes, les deux derniers pouvant se confondre :

- les besoins en électricité liés aux activités productives (irrigation, transformation des produits agricoles, commerce, bars, restaurants, activités artisanales, etc) ;

- les besoins en électricité liés aux infrastructures sociales (pompage et distribution de l'eau, éclairage public, infrastructures de santé, infrastructures d'éducation, etc) ;

- les besoins domestiques en électricité (éclairage, télévision, ventilation, froid, etc).

Pour qu’une telle transformation structurelle des économies rurales soit possible, il est nécessaire de développer des activités économiques plus productives et d’améliorer la productivité des activités existantes, tout en maintenant le niveau général de l’emploi. Le manque d’accès aux sources d’énergie modernes, en particulier l’électricité, est un obstacle majeur au développement rural dans la Région Boeny.

La demande concerne plusieurs niveaux de puissance :

  • les besoins familiaux qui sont quantitativement les plus importants : il s'agit d'abord de l'éclairage puis de l'audiovisuel.
  • les besoins communautaires ou commerciaux : froid, éclairage important
  • les besoins liés aux activités productives (artisanat, petite irrigation, agro-pastoralisme, etc.). Les systèmes mis en œuvre (poste à souder, décortiqueuse, etc) appellent une puissance instantanée importante de plusieurs kW.

Pour satisfaire cette demande et au regard des caractéristiques des zones rurales, il est reconnu que l'électrification des villages ne peut se réaliser que de façon décentralisée. L'électrification rurale décentralisée ne met pas en jeu les mêmes mécanismes que l'électrification traditionnelle. Elle s'apparente davantage à la diffusion d'équipements et au transfert de compétence. Elle doit s'appuyer sur un réseau décentralisé d'opérateurs économiques, d’importateurs, de revendeurs, de réparateurs, et de chargeurs de batteries, et constitue en ce sens une contribution intéressante et diversifiée au développement de l'activité économique et des services. Les systèmes solaires photovoltaïques individuels (kit solaire) ou collectifs (centrale solaire avec réseau associé et/ou borne fontaine solaire) sont au regard des besoins précédemment définis ceux qui sont le mieux adaptés pour Katsepy. Ces systèmes ont des caractéristiques intéressantes qui en font un produit d'avenir pour cette partie de la région : modulables, fiabilité technique, longue durée de vie, exploitation d'une ressource locale disponible, respect de l'environnement. Ils présentent cependant deux inconvénients importants: coût d'achat très élevé (au regard du niveau de revenu des populations) et fabrication non locale.

Problématique de l'électrification rurale

La problématique de l'électrification rurale dans cette zone est de plusieurs ordres qui sont notamment :

- la difficulté de trouver des partenaires pour le financement des investissements ;

- l'insuffisance dans la planification des projets d'équipement des zones rurales en général et de développement du secteur de l'électricité en particulier ;

- la difficulté de prévision de la demande ;

- l'inadaptation des équipements aux besoins réels (surdimensionnement, choix techniques et technologiques) ;

- les critères de sélection des villages où zones à électrifier non définis ;

- le déséquilibre entre les ressources des populations et le coût réel du service électrique ;

- le manque de ressources des collectivités locales.

 

à suivre 

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