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HORIZON SOCIÉTAL
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Et si les élections municipales se réalisent cette année dans la Région Boeny ?

Le mandat des maires et des conseillers municipaux et communaux devra expirer le 22 septembre de cette année.

En conséquence, conformément aux dispositions de l’article 51 du Code électoral, « les collèges  électoraux sont convoqués quatre-vingt-dix (90) jours au moins avant la date du scrutin par décret pris en Conseil du Gouvernement, après consultation du projet de calendrier électoral présenté par la Commission Electorale Nationale Indépendante pour tout mandat qui arrive à son terme ». Cela a été confirmé par l’article 243 de la loi organique n° 2014-020 du 27 septembre 2014 relative aux ressources des collectivités territoriales décentralisées, aux modalités d’élections, ainsi qu’à l’organisation, au fonctionnement et aux attributions de leurs organes. C’est pourquoi la Ceni a proposé au Gouvernement la date du 28 octobre 2019 pour la tenue des élections municipales.

Or, chose inattendue, le gouvernement n’a pas retenu la proposition de la Ceni pour une raison apparemment voilée. En effet, selon le Ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Tianarivelo Razafimahefa, « les communales se tiendront à un moment plus approprié ».

Rappelons toutefois que le mandat des maires et des conseillers municipaux et communaux devra expirer à la mi-septembre de cette année. C’est ce qu’a confirmé le « KMF/CNOE – Education des citoyens » en interpellant l’Etat à tenir ces élections et ce, jusqu’à l’échéance légale, à savoir avant le 30 novembre 2019. Il a également souligné le remplacement de ces élus par la délégation spéciale n’arrangerait pas la situation politique.

Certes, cette modification éventuelle du calendrier électoral proposé par la Ceni fait l’objet de nombreux commentaires, que ce soit au niveau de la société civile et aussi et surtout au niveau du microcosme politique malagasy. Si on se réfère toujours aux explications du Ministre de l’intérieur et de la décentralisation, on peut dire qu’il y a deux raisons majeures qui ont poussé le Gouvernement à ajourner la tenue des élections municipales que tout le monde espère pour cette année :

  • Il y a tout d’abord l’interprétation de la politique de décentralisation à travers l’initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM). Pour pouvoir tailler l’autonomie des collectivités territoriales décentralisées tant réclamée par les élus locaux, l’Etat doit « réactualiser les données concernant les communes » en tenant compte de leurs caractéristiques pour mettre à jour le classement des communes en tenant compte des données réactualisées démographiques.

En effet, les communes sont urbaines ou rurales en considération de leur assiette démographique réduite ou non à une agglomération urbanisée. Ne peuvent être constituées en communes urbaines que les villes qui, présentant la cohésion d’une agglomération urbanisée, disposent de ressources nécessaires à l’équilibre d’un budget lui-même suffisant pour assurer les charges et sujétions de la vie civile d’une telle commune. En principe, aucune commune urbaine ne pourra être créée, qui ne comprenne une population d’au moins cinq mille (5 000) habitants. Les communes rurales regroupent les villages et hameaux des zones essentiellement rurales. Leur superficie peut, dans le cadre de l’optimum dimensionnel, varier en fonction de la densité de la population et des ressources locales.

Conformément aux annexes du décret n° 2015-592 du 1er avril 2015 portant classement des communes en communes urbaines ou en communes rurales, la région Boeny compte 46 communes répartissant comme suit :

  • Communes urbaines de 1ère catégorie : 1
  • Communes urbaines de 2ème catégorie : 3
  • Communes rurales de 1ère catégorie : 3
  • Communes rurales de 2ème catégorie : 39
  • Ensuite, les imperfections constatées des listes électorales utilisées durant les dernières élections présidentielle et législatives ont entraîné des indignations dans presque toutes les régions de Madagascar. Constatant cela, l’Etat n’aurait pas le choix que de se conformer aux dispositions de l’article 241 de la loi n° 2014-020 du 27 septembre 2014 relative aux ressources des collectivités territoriales décentralisées, aux modalités d’élections, ainsi qu’à l’organisation, au fonctionnement et aux attributions de leurs organes : « Conformément aux dispositions de l’article 34 al. 1er de la loi organique n° 2012-005 du 22 mars 2012 portant Code électoral, la liste électorale à utiliser aux élections communales est celle établie à la suite de la révision annuelle et arrêtée définitivement au 15 avril ».

Il va sans dire qu’il y aura une révision de la liste électorale avant la tenue des élections municipales qui, à nos yeux, aura lieu vers le mois de mai de l’année prochaine.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les postes des maires sortants seront vacants ! Face à ce vide, les cas de figure suivants pourront se voir le jour :

  • soit, la Ceni évoque un cas de force majeure pour que les élections puissent encore se tenir cette année 2019, mais pendant la saison de pluie.
  • soit, les Communales seront organisées au-delà du 31 mai 2020.

Si le gouvernement décide de recourir à la seconde option, il n’aura que deux possibilités. La première consiste à proroger le mandat des maires et des conseillers communaux et municipaux actuels. Tandis que la seconde possibilité le conduira à nommer des PDS (Présidents de Délégation Spéciale) à la place des 1695 maires, et à placer des personnalités désignées au sein des conseils communaux et municipaux. Si en moyenne un conseil communal ou municipal compte 15 membres, le ministère de l’intérieur et de la décentralisation aura à nommer 27 012 personnes pour remédier au vide au niveau de ces collectivités territoriales décentralisées de base qui sont les communes[1].

La situation est donc très délicate pour le régime et pour les politiciens. Or, à entendre les explications du président de la République, Andry Rajoelina récemment, on peut espérer que cette zone d’ombre sera illuminée d’ici peu. En effet, il a annoncé qu’il va consulter la Ceni, le Ministère de l’intérieur et de la décentralisation ainsi que certains partis politiques (en occurrence le TIM) qui demandent notamment à ce que les élections ne soient pas tenues avant la révision de la liste électorale, avant de prendre une décision. La décision appartiendra au Conseil des ministres après ces consultations. Or, la Ceni et les partenaires techniques et financiers – qui financent en partie ces élections – souhaitent procéder avant les élections à la révision de la liste électorale en vue d’écarter toutes éventuelles contestations.

Quant aux éventuels remplacements des maires par des PDS, le Chef de l’Etat a souligné qu’il n’y aura pas de délégation spéciale. Les maires et les conseillers municipaux/communaux resteront en place jusqu’à la tenue des élections communales.

Mais qu’en est-il pour la région Boeny ?

A vrai dire, les politiciens de notre région se sont déjà préparés pour prendre part à ces élections. Il y a les maires et conseillers sortants qui vont tenter encore une fois mettre sur la balance leur crédibilité électorale. Il y a aussi les nouveaux venus dont la plupart sont issus de l’IRD (plateforme de soutien à Andry Rajoelina) et du TIM. Il ne faut pas oublier les nomades politiques qui cherchent à servir leur dessein personnel au détriment de l’intérêt général avec l’option de trouver des nouveaux pâturages plus verts à brouter.

Déjà certains noms circulent ici et là, véhiculés par des sympathisants pour tester la crédibilité des candidats par rapport aux autres adversaires potentiels. Pour le moment, des rumeurs circulent dans la Cité des fleurs pour un tel ou tel candidat. Mais il ne faut pas non plus prendre ces rumeurs à la légère. A part le maire sortant de la Commune urbaine de Mahajanga, Andriatomanga Mokhtar Salim, qui a déjà annoncé à la presse sa détermination à briguer un deuxième mandat ; il y a Abdallah Rosalie, le PDG de l’association TVHFB ; le poulain de l’ancien Président de la République Marc Ravalomanana, Rakotovao Roger Yvon sous la bannière de Tim évidemment. Toujours dans la même vague, il y a l’ancien Sénateur Tim, Houssain, qui fait déjà des tractations dans la communauté majungaise. Certains jeunes proposent l’ancien Pds de la Commune urbaine de Mahajanga, Tia Solofomanga Heriniaina, dit Daddy sans oublier aussi Afakandro Christian dont sa candidature est vivement souhaitée. Bref, en marge de ce match électoral, les échauffements commencent à se faire sentir, surtout pour les partisans du TGV. Mais ce ne sont que des rumeurs, à part l’annonce personnelle de l’actuel magistrat de la ville.

Mais derrière cet engouement, une question mérite d’être posée :

Quelles sont les qualités requises pour être un bon Maire de Mahajanga ?

Etre maire est un travail difficile. Un maire n’a pas la même influence et l’autorité qu’un responsable étatique au niveau du district. Souvent, les maires demandent plus de compétences de persuasion qu’il faut pour diriger une ville. Par conséquent, un maire doit avoir certaines capacités inhérentes qui permettent d’aider la communauté qu’il dirige.

Le Maire d’une ville, comme Mahajanga, plus d’un million d’habitants, est à la fois chef d’une Entreprise qui «  produit du Service Public  », lequel doit être de qualité et cependant économe des deniers publics, mais aussi gérant d’une population qui est toute à la fois son Client-Administré et son Patron-Électorat .Dur, dur !!!

Le maire idéal apparaît tout d’abord comme un homme qui connaît la réalité du terrain : il y vit depuis longtemps et il est capable d’appréhender par lui-même la situation locale avec lucidité.

Il connaît personnellement les problèmes et les aspirations de la population sans avoir besoin d’intermédiaires ou d’une ribambelle de conseillers.

Un bon maire n’est donc pas celui qui affiche de bons sentiments et de belles idées mais celui qui est en situation de faire le bon constat pour apporter les bonnes solutions.

Le maire idéal doit aussi montrer l’exemple sur le plan éthique et respecter des valeurs morales.

La façon dont il mène sa vie privée n’est pas évoquée, par contre on attend de lui qu’il soit avant tout honnête et qu’il fasse passer l’intérêt de sa ville avant son propre intérêt ou celui d’un clan.

Un maire doit être capable de parler et de convaincre ses interlocuteurs mais ce qu’on lui demande surtout c’est d’être sincère. Mensonge et duplicité sont des défauts rédhibitoires qui tuent toute confiance.

Le maire idéal est encore celui qui sait gérer, c’est-à-dire faire des choix et arbitrer entre plusieurs options.

On juge un maire sur ses résultats et à son bilan. Il est vrai qu’un bilan ne ment pas et c’est pour cela qu’un maire sortant ayant un bon bilan a toujours de grandes chances de l’emporter.

A l’inverse un maire qui a creusé les déficits part avec un lourd handicap, surtout si ses réalisations n’ont pas significativement amélioré la vie de ses administrés.

Une surprise : avec une certaine avance l’appartenance politique est un des critères les moins cités.

Enfin, autre point intéressant à noter : le souhait exprimé pour une personnalité capable de fixer un cap à leur ville ou à leur village.

Les habitants savent bien qu’à court terme les contraintes du quotidien limitent les marges de manœuvres de leur maire.

Les candidats qui annoncent qu’ils vont immédiatement améliorer le quotidien des gens avec leur programme sont perçus comme des démagogues.

Un bon maire ne devrait promettre ce qu’il ne peut contrôler. Alors que les bonnes intentions sont louables, bon maire, honnête sait qu’il ya plus de personnes impliquées dans le processus de prise de décision. Donc, faire des promesses au sujet de questions sur lesquelles il n’a aucun contrôle ne déçoit les gens qui dirigent.

La gestion est la capacité de déplacer les autres du point A au point B. leadership est de savoir où le point B est le maire est celui qui fournit des conseils à la communauté. Meilleures maires devraient présenter une vision pour l’avenir et devraient être en mesure de vendre cette vision au public.

Un maire doit avoir de bonnes compétences en communication, en particulier la capacité d’écouter. Parce qu’une caractéristique d’un bon maire vend la vision d’avenir pour les autres, vous devez avoir d’excellentes compétences de communication pour persuader les autres ci-dessus à se déplacer dans la direction qu’ils veulent; il doit convaincre les autres de se joindre à lui dans sa vision.

Certains politiciens ne vont pas résoudre les problèmes qu’ils connaissent les rendra impopulaire. Cela ne devrait pas être le cas pour un bon maire. Il ne doit pas avoir peur d’aborder les questions liées à la communauté, peu importe la difficulté ou impopulaires Ce sont des questions.

En attendant, les prétendants préparent leurs montures et devraient ménager beaucoup d’efforts en vue de remporter les élections qui s’annoncent dures. L’enjeu est de taille non seulement pour le régime actuel, mais aussi pour les candidats et leurs équipes politiques. Une chose est sûre : la ville de Mahajanga est une ville particulière surtout dans le domaine de la politique où il ne faudra pas minimiser l’adversaire et les détails. Dès maintenant, ils devraient organiser leur pré-campagne permettant à la fois de se faire connaître du grand public et d’engager un premier rapport de force avec les autres candidats et d’apparaître alors comme crédibles aux yeux des médias et des électeurs dès l’entrée en campagne.

  • Connaître sa commune et préparer son projet ;
  • Se faire connaître ;
  • Se faire apprécier ;
  • Constituer et organiser un réseau de contacts ;
  • Organiser sn action ;
  • Financer sa campagne ;
  • Préparer la constitution de sa liste ;

Telles sont les différentes tâches que les prétendants candidats devront s’atteler pour pouvoir mener à bien leurs campagnes électorales.

 

                                                                           SAID Ahamad Jaffar

                                                                       Administrateur Civil en Chef

                                                           Expert en Diplomatie et Relations internationales

 

[1] Midi Madagasikara du 05/08/19

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